Voyage au cœur de la future A79 dans l'Allier

Le chantier du viaduc de l'Allier

Le chantier du viaduc de l'Allier @AutorouteINFO

Gros plan sur la transformation de la Nationale 79 (aussi appelée "RCEA") en autoroute A79, dans le département de l'Allier. Avant de parler de la fabrication d'un viaduc ou encore de l'enrobé sur lequel vous roulerez, Xavier Ferrand fait le point sur ce vaste chantier.  

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Dans l’Allier, les travaux de construction de l’A79 se poursuivent. Il s’agit de transformer 88 km 450 de l'actuelle RN79 en autoroute. Nous avons fait le point avec Wieslaw Florkow, le directeur technique de la société ALIAE. Il nous explique que plusieurs opérations ont lieu en même temps : ‘’Sur un grand tronçon, nous roulons déjà sur les chaussées neuves réalisées depuis 1 an. Sur une autre partie, on requalifie l’ancien tronçon de la N79. Et dans le Val d’Allier, où l’on construit de toutes pièces une nouvelle autoroute, sur 6 km, nous en sommes aux travaux de terrassement‘’.

Un viaduc de plus de 400 mètres

Dans le Val d’Allier, il faut, notamment, mettre en place un viaduc au-dessus de la rivière Allier. Emmanuel Denny, directeur de projet à Eiffage métal, nous décrit cet ouvrage composé de deux tabliers métalliques qui représentent au total plus de 2500 tonnes de métal pour une longueur totale de 416 mètres. ‘’ La fabrication est réalisée dans notre usine à Lauterbourg, en Alsace. On décortique les différents ensembles pour fabriquer des poutres unitaires d’une vingtaine de mètres‘’. Elles seront ensuite acheminées sur le chantier puis assemblées et soudées, avant le ‘’lançage’’. Les tronçons vont être tirés au-dessus de l’Allier. ‘’Nous avons procédé à six lançages, et nous avançons en moyenne à 20 mètres à l’heure’’.

Plusieurs centrales à enrobés près du tracé

Ce viaduc profitera d’un enrobé fabriqué à quelques centaines de mètres de là. Sur l’intégralité du tracé de 88 km, il y a quatre centrales à enrobés qui fonctionnent en même temps, ce qui est peu courant. Nicolas Coin, l’un des chefs de poste, nous a expliqué, dans le bruit et la poussière de l’une des centrales, que l’on utilisait 4 matériaux différents (du sable au gravier) ainsi que les fraisats. ‘’Les fraisats, c’est ce qui a été gratté sur d’autres routes, on en met à peu près 30 à 40%’’. Un matériau recyclé qui va rejoindre les granulats dit ‘’nobles’’ avant d’ajouter 2,5 à 3% de bitume à une température de l’ordre de 150 à 160°.

Le nouvel échangeur entre l'A71 et l'A79

Et, même si ce n’est pas celui-ci qui a été utilisé, il y a quand même un enrobé tout neuf au niveau de la sortie N°11 de l’A71 à Montmarault. En effet, c’est ici que se termine (ou commence) la future A79. Il a d’abord fallu transformer 4 km de la RCEA en autoroute avant de construire une jonction avec l’A71. Mais il fallait laisser la sortie n°11 toujours accessible. Les équipes de Sylvain Fléty, conducteur d’opérations chez APRR, ont creusé. ‘’ On a réalisé un franchissement sous l’autoroute A71. Pour cela, on a construit une autoroute provisoire d’1 km avant de creuser dans du granit. Il a fallu procéder à des tirs de mine, travailler à l’explosif pour pouvoir déblayer ces matériaux’’. Pas mal de choses donc à réaliser avant la mise en service en août dernier. Il y a maintenant, en plus de la sortie n°11, une bifurcation entre l’A71 et l’A79.

Au final, l’autoroute A79 devrait voir le jour dans son intégralité dans un an. Avant cela, une trentaine de kilomètres pourrait être mise en service l’été prochain entre Montmarault et Chemilly.