Comment le plateau des Glières, en Haute-Savoie, est-il devenu un lieu emblématique de la résistance ?

Maire de Filière devant le Monument National de la résistance

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En Haute-Savoie, sur l'A41 et l'A410, des panneaux touristiques indiquent le plateau des Glières, Haut lieu de la résistance. Ce plateau, site stratégique pour les largages est aujourd'hui un lieu de mémoire des résistants qui ont contribué à la libération de la Haute-Savoie en 1944. 

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Comment le plateau des Glières, en Haute-Savoie, est-il devenu un lieu emblématique de la résistance ?
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Un lieu stratégique de larguage

C'est au cours de l'hiver 1944 que des résistants venus des maquis environnants dans la vallée de Thônes se rendent sur le plateau des Glières pour y récupérer des armes larguées par les alliés. L'endroit était en effet un point stratégique à cause de sa localisation : la proximité des lacs d'Annecy et du lac Léman, plus faciles à repérer de nuit par les aviateurs. Les lumières de la ville de Genève, qui n'avait pas de couvre feu, offraient également un léger éclairage qui permettait aux alliés de repérer plus facilement ce point pour organiser les parachutages. 

"Ils montent ici uniquement pour récupérer un parachutage qui était promis par Londres, sauf que ce parachutage va mettre du temps à venir à cause des conditions météo donc ils vont passer deux mois avec des conditions météo très difficiles puisque c'était un hiver rigoureux ", Christian Anselme, maire de Fillière

Ce sont donc des campements de fortune, constitués de chalets, qui s'installent sur le plateau et une organisation militaire qui se met en place sous la direction de Tom Morel et d'anciens officiers et sous officiers du 27ème Bataillon de Chasseurs Alpins. Au début, 150 résistants sont montés sur le plateau, au moment de la dispersion, on recensait plus de 500 résistants sur le plateau des Glières au mois de mars 1944. 

 

La retraite et la dispersion des maquisards

Le 10 mars 1944, les résistants qui se sont rendus au plateau des Glières récupèrent le largage mais sont encerclés par les forces allemandes et les milices françaises. Des combats s'engagent alors jusqu'au 26 mars où les résistants décident d'évacuer le plateau pour rejoindre leurs maquis d'origine. 

"Lorsque la nuit tombe, il y a une certaine confusion qui règne parce que les maquisards sont persuadés que les allemands ont réussi à contourner le barrage et sont sur le plateau. En fait ils étaient redescendus mais, ça, ils ne le savaient pas. C'est pour ça que le chef, le capitaine Anjeau juge plus prudent de descendre pour éviter de faire face à une attaque massive d'autant plus que, dans les jours précédents, l'aviation allemande avait bombardé le plateau", raconte Christian Anselme. 

"Ils sont partis par petits groupes. Par chance, il y avait quand même des maquisards qui connaissaient bien les lieux, certains étaient originaires de ces vallées et surtout ceux qui encadraient avaient une bonne connaissance du terrain."

Sur les 465 hommes qui se replient le 26 mars, 121 sont tués par les allemands ou les milices qui les attendaient au pied du plateau. 14 sont arrêtés et déportés vers les camps où ils trouvent la mort. Mais les 2/3 de ces hommes ont pu regagner leur maquis et ils ont joué un rôle décisif dans la libération de la Haute-Savoie. Parmi les faits notoires : la libération de la préfecture d'Annecy. 

La mémoire autour du plateau des Glières

Dès la fin de la guerre, les anciens du maquis constituent une association : l'association des rescapés des Glières, devenue l'association des Glières. 

En 1973, l'association confie la construction d'un monument au sculpteur Emile Gilioli sur la commune du Petit-Bornand-les-Glières.

"Il y a plusieurs interprétations comme pour tous les monuments mais on parle souvent de grand oiseau blanc. Il y a deux ailes en fait, une qui est intacte : la liberté sur laquelle est posée un soleil et une aile brisée qui représente la liberté supprimée par les nazis et le régime de Vichy. C'est l'interprétation la plus connue mais il existe d'autres versions". 

Située à proximité du monument national de la résistance, la maison du Plateau des Glières accueille également les visiteurs toute l'année sauf pour les mois d'avril, mai et juin.