Les radars automatiques ont 20 ans

Radar automatique

© Olivier Tuffé / Adobe Stock

C'était il y a 20 ans : en 2003 apparaissait le tout premier radar automatique en France. Retour sur l'histoire de ce dispositif qui a tant défrayé la chronique.

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Les radars automatiques ont 20 ans
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Le tout premier excès de vitesse

En 1898, la duchesse Anne d’Uzès de Mortemart est condamnée pour excès de vitesse et doit payer une amende de 5 francs. À cette époque, on ne doit pas dépasser, en ville, les 12 km/h. La duchesse d’Uzès, elle, est verbalisée pour avoir atteint la vitesse astronomique de 15 km/h au volant de sa Delahaye type 1.

Par la suite, les limitations de la vitesse ne cessent d’évoluer, ainsi que les technologies pour contrôler la vélocité des véhicules en circulation. Le premier radar, le Mesta 100, est expérimenté en France dès 1946.

Delahaye type 1

© P.poschadel, CC BY-SA 3.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0>, via Wikimedia Commons

La Delahaye type 1 de la duchesse d'Uzès. Elle est conservée au Musée national de la voiture et du tourisme de Compiègne.

Une généralisation des contrôles de la vitesse pour faire baisser le nombre de tués

À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, pendant les Trente Glorieuses, l’automobile se démocratise et le nombre d’accidents de la route explose. Durant l’année 1972, plus de 18.000 personnes perdent la vie sur les routes de France. Un record. Les contrôles de la vitesse s’intensifient alors grâce notamment au déploiement des radars Mesta 206, surnommés « barbecue » ou « poêle à frire », à cause de leur forme caractéristique.

Ce sont ensuite les « jumelles » qui sont mises à disposition des forces de l’ordre en 1997.

Les contrôles deviennent automatiques au début des années 2000

Puis vient l’arrivée des fameux radars automatiques. Ceux-là sont fixes, et ne nécessitent pas la présence de la police ou de la gendarmerie près des routes. C’est en 2003 que le premier est inauguré sur la RN 20, en région parisienne, par le ministre de l’Intérieur de l’époque : Nicolas Sarkozy.

Ensuite, les radars automatiques se multiplient et se modernisent. Aujourd’hui, certains sont capables de flasher dans les deux sens de circulation, de différencier les véhicules légers des poids lourds, mais aussi de déterminer le véhicule en infraction, lorsque plusieurs sont présents sur le cliché. D’autres permettent de verbaliser les conducteurs qui franchissent un passage à niveau ou un feu tricolore au mauvais moment.

Les radars tronçon apparaissent, quant à eux, en 2012. Ils permettent de contrôler sur plusieurs kilomètres la vitesse moyenne des véhicules.

Radar double face

© Morane / Adobe Stock

Radar "double face" capable de flasher dans les deux sens de circulation.

Des recettes juteuses réinvesties pour améliorer la sécurité routière

D’après le site de la Sécurité routière, près de 3.500 radars automatiques, tous types confondus, sont installés en France. En 2021, ils ont rapporté 859 millions d’euros. Une grande partie des recettes est utilisée pour améliorer la sécurité routière.

Plus de 5.700 personnes ont perdu la vie sur la route en 2003, l’année de l’installation du premier radar automatique. En 2022, d’après les estimations de la Sécurité routière, 3.260 personnes sont mortes sur les routes de France.

La vitesse est responsable d’environ un accident mortel sur trois.